J-2 avant la sortie des Indignes !!

Tout d’abord, merci à tous ceux qui me suivent, sur les réseaux et dans la vie réelle, et qui me soutiennent. Vous êtes formidables et je ne sais pas ce que je ferais sans vous. Pour vous remercier (et vous mettre en appétit), voici le tout début des Indignes…

Car s’il s’agit d’un recueil de nouvelles, il ne faut pas oublier que celles-ci sont liées, entremêlées. Elles ont toutes un point commun : l’auteur.


Le colonel Moutarde…

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Un à un, ils s’apprêtent à pénétrer dans la grande bâtisse de l’auteur. Celle-ci, qui n’a décidément pas le sens commun, a trouvé que c’était là manière réjouissante de commencer son recueil d’indignités. Les réunir en un même endroit, tous ces personnages qui vont se succéder au fil des pages. L’idée lui est venue en passant l’aspirateur. Les idées viennent souvent dans les moments les plus incongrus.

Mais comment les faire se rencontrer ? songe-t-elle en aspirant une énième toile d’araignée. Pas dans sa maison, impossible puisqu’ils n’existent pas vraiment, contrairement à elle. Il lui faudra donc créer un lieu donné.

Elle songe à un grand manoir sombre et menaçant, mais c’est du déjà lu.

Un jardin à l’anglaise ? Bof, elle peut trouver mieux.

Un supermarché ? Pourquoi pas…

Une autre planète ? Elle n’est pas très portée sur la science-fiction.

Une salle de concert ? D’autres indignes sont passés par là, et ce n’était pas pour des questions de littérature.

Une station de métro ?

Une gare ?

Un bar-tabac ?

Un salon littéraire ?

Un cirque ?

Une patinoire ?

Elle opte finalement pour une bibliothèque, grande et tapissée d’étagères en bois sombre, de livres aux dos enluminés, un chandelier pour tout éclairage, un nuage de poussière asphyxiant, évaporation d’ouvrages anciens tombant en morceaux, qui s’accrochent sur les corniches du plafond.

Pas que ce soit très original, mais elle aime bien.

La voilà projetée dans l’atmosphère calfeutrée de sa bibliothèque fictive. Installée dans un fauteuil matelassé de velours, elle saisit sa plume, la trempe dans l’encre.

De l’autre côté de la porte, les personnages s’impatientent. Certains commencent à trépigner, à souffler, d’autres regardent leur montre, d’autres encore dévisagent leurs curieux voisins. Il y a là, mais tous ne sont pas encore arrivés, un jeune étudiant, une assistante administrative, un avocat, un fou, une fille cachée sous d’immenses lunettes de soleil, un écrivain public, une mère qui berce un landau aux rideaux tirés, un agent immobilier, une jeune femme aux lèvres gercées.

Chacun se demande ce qu’il peut avoir en commun avec les autres. Chacun tente d’imaginer ce que lui réserve l’auteur.

Dans sa bibliothèque, celle-ci esquisse de sa plume un geste impérieux dans le vide et, avec des allures orgueilleuses de chef d’orchestre, s’exclame :

« En piste ! »

Un à un, entrent les personnages.

©Loli Artésia, 2018


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