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Genre : littérature contemporaine

Editions : Gallimard

Paru en : janvier 2018

Nombre de pages : 560

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« la nebulosa delle buone intenzioni… »

 

Résumé : A la fin de Celle qui fuit et celle qui reste, Lila montait son entreprise d’informatique avec Enzo, et Elena réalisait enfin son rêve : aimer Nino et être aimée de lui, quitte à abandonner son mari et à mettre en danger sa carrière d’écrivain. Car elle s’affirme comme une auteure importante et l’écriture l’occupe de plus en plus, au détriment de l’éducation de ses deux filles, Dede et Elsa. L’histoire d’Elena et de Nino est passionnelle, et bientôt Elena vit au gré de ses escapades pour retrouver son amant. Lors d’une visite à Naples, elle apprend que Lila cherche à la voir à tout prix. Après avoir embrassé soixante ans d’histoire des deux femmes, de Naples et de toute l’Italie, la saga se conclut en apothéose. Plus que jamais, dans L’enfant perdue, Elena Ferrante nous livre un monde complet, riche et bouillonnant, à la façon des grands romanciers du XIXe siècle, un monde qu’on n’oublie pas.

Il est difficile de définir le ton si particulier d’Elena Ferrante. Lenteur presque insoutenable du temps qui passe, les pages de L’enfant perdue se tournent comme les années filent : avec une telle langueur que ce qui semble infiniment long ne l’est pas tant que cela, qu’on se retrouve au bout de l’histoire avec le sentiment que le livre est passé trop vite, que la lenteur de la narration était un leurre. Les personnages eux-mêmes semblent avoir été surpris par cette lenteur, et se réveiller à la fin du récit en réalisant brutalement qu’ils sont vieux.

Le récit est lent, car extrêmement détaillé. Il y a cette volonté de tout décortiquer, et en particulier de disséquer les intentions cachées. « Regarde dans ces déchirures et tu verras la nébuleuse des bonnes intentions se mélanger à celle des mauvaises. » Elena Ferrante donne à ses nombreux personnages un réalisme incroyable, tant elle les rend complexes. Elle gratte le vernis des sentiments premiers, des émotions affichées, pour mettre en lumière ce qui s’y cache. Elle n’épargne aucun personnage, pas même l’héroïne et narratrice, et révèle avec brio la fugacité des sentiments et des relations.

Roman psychologique, roman social également, que le dernier tome de cette saga, ancré dans son époque et en montrant l’évolution politique. Le quartier change, les personnages clés vieillissent et le monde qui les entoure commence à ne plus être le leur. La relation Elena/Lina est plus que jamais au coeur du récit, entre rapprochements et éloignements. Les deux femmes sont devenues mères, la maturité augure pour l’une la stabilité, pour l’autre l’instabilité ; le changement d’une part, la stagnation de l’autre. Pour Elena, la figure maternelle est plus présente que jamais. La mère, jadis crainte, devient haïe, puis retrouvée, aimée, recherchée, et finalement regrettée, imitée.

En somme, un dernier tome en apothéose, difficile et prenant, reflet de Naples et de l’Italie sur six décennies, mais surtout reflet de la vie. Magistral, forcément, et à lire en italien de préférence.

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