Auteur_009_h900Elijaah, pour commencer, quelques mots sur votre parcours ?

J’étais un cancre à l’école et j’ai fait des études assez courtes. Je n’étais pas particulièrement idiot, bien au contraire. Mes professeurs étaient étonnés de voir un élève avec autant de facilité se désintéresser complètement des études. Je me rappelle de l’un d’eux qui m’enseignait à la fois les Mathématiques et les Sciences physiques. Il ne comprenait pas comment je pouvais récolter 4 de moyenne dans l’une des matières pour un 19 dans l’autre. Je lui aurais bien expliqué que j’avais compris les mathématiques modernes à la maternelle et que je les trouvais bien moins intéressantes que les problèmes complexes d’arithmétiques que j’avais eus le bonheur de découvrir en CM2. Mais l’éducation était centrée principalement sur la science des chiffres en défaveur de toutes les autres matières. Déjà à l’époque l’orthographe était ma bête noire et la rédaction l’un de mes régals.

J’ai commencé à écrire sérieusement en 1987 lors d’une période de chômage. Malheureusement je me suis fait voler ce premier manuscrit lors d’un cambriolage deux ans plus tard. J’ai depuis cette époque toujours créé des histoires à mon usage exclusif dont je ne rédigeais que les scènes les plus intéressantes. Mes histoires étaient à mon avis bien trop grandes et complexes pour pouvoir être couchées sur le papier par un auteur débutant comme moi.

Il y a trois ans, j’ai rencontré l’autoédition. Le premier roman que j’ai lu c’est le fameux « Jésus contre Hitler » de Neil Jomunsi. Attiré par le côté extrémiste du titre et son prix modique, je décide de le télécharger sur ma liseuse neuve pour voir comment l’auteur (que j’imagine Américain) peut arriver à exploiter un tel casting. Comme ce titre peut vous le faire supposer, l’histoire rédigée par Neil est loin d’être un modèle de crédibilité absolue, mais il s’en tire avec une écriture simple, efficace, nerveuse, volontaire, qui fait de cet ouvrage un véritable régal littéraire. Sans faire des effets de style ni de la poésie recherchée, Neil vous met une claque monstrueuse qui vous laisse sans voix. Ce fut pour moi un déclic…

Oui, il est possible de coucher sur le papier des histoires immenses et compliquées en essayant de pratiquer une écriture simple. C’est comme cela que j’ai décidé de faire mon « coming-out ».

Présentez-nous vos histoires…

J’ai commencé en rédigeant une fanfiction basée sur l’univers de Dune de Frank Herbert : « DUNE, la naissance d’un rêve ».
Offerte à la communauté à laquelle j’appartiens : http://dune-sf.fr/
Elle est distribuée gratuitement : http://xfan.fr/dndr
La vidéo : https://youtu.be/kjpyZRfuVwM

Histoire : Vous croyez tout savoir sur Dune, le premier roman de la saga, mais il reste encore quelques mystères à élucider. Comment un planètologiste nommé par l’Empereur a-t-il pu survivre à sa première rencontre dans le désert avec les Fremen ? Comment cet homme un peu allumé, obnubilé par ses thèses scientifiques, a-t-il pu trouver les mots justes pour convaincre le peuple le plus dangereux et imprévisible de l’univers connu ? Comment a-t-il pu faire naître dans le cœur de toute une ethnie un rêve suffisamment grand pour l’entraîner dans un projet de 500 ans ? Suivez dans cette nouvelle Pardot Kynes lors de son premier voyage dans le désert d’Arrakis en tête à tête avec l’assassin qui doit l’abattre. Et découvrez des réponses crédibles à de nombreuses questions que Frank Herbert a laissées en suspens…

La nouvelle suivante est devenue un roman que je viens juste d’achever. Il sera disponible à la vente en fin novembre 2017 : « PERSONAÉ : L’éducation du scribe » : http://xfan.fr/personae
La vidéo : https://youtu.be/J-j9bkPI5Iw

Histoire : La magie est de retour sur les terres d’Esper et de nouveau les luttes de pouvoir vont s’accélérer entre les Hommes et les Dieux. Suivez les aventures de Devalin, un jeune Scribe pouvant invoquer avec son grimoire les sorts magiques les plus puissants. Sophyan, une femme forte et sans pitié portée par sa foi dans la poursuite de sa mission au sein des Chevaliers Saints. Enguerrand le doyen et maître des Bardes-Guerriers du Premier Ordre engagé dans une lutte acharnée avec les Dieux. Marilian, une Alchimiste amoureuse de l’homme le plus recherché d’Esper. Humbeco le gardien de la culture et de l’histoire qui se bat pour sauver une humanité mise en danger d’extinction par Personaé la plus traîtresse des déesses.

Enfin pour « L’Âme du Temps » mon prochain roman j’ai décidé de partager mon premier jet avec la communauté des lecteurs et auteurs de Scribay. Vous pouvez donc suivre son écriture en temps réel en suivant ce lien (6 chapitres sont disponibles à ce jour) : http://xfan.fr/adt

Histoire : 2063, un scientifique ressuscite John Fitzgerald Kennedy et lui confie une mission : Enquêter sur sa propre mort. Amir Mballa, un jeune réfugié climatique arrêté par l’antiterrorisme, devient un enjeu stratégique pour les plus hautes sphères du pouvoir. De son côté, Xavier Grindberg découvre un complot d’état projetant l’éradication d’une large partie de la population. Il entre en résistance pour faire échouer ce projet en recevant l’aide précieuse d’un mystérieux inconnu. Ces trois héros vivant à des époques différentes devront s’allier pour sauver l’humanité et faire triompher l’amour.

Qu’est-ce qui vous attire dans l’univers de la science-fiction ?

L’exercice intellectuel qui consiste à explorer les possibles pour les coucher sur le papier. En explorant ces œuvres de l’imagination, je me plonge directement à l’intérieur des processus de pensées de l’auteur. On dit souvent qu’un auteur met toujours une part de lui même dans ses productions. Mais pour l’anticipation, je pense qu’il est obligé d’y laisser une plus grande portion de lui. Il projette son essence vers le futur pour entamer un voyage temporel vers des univers qui lui ressemblent ou lui font peur.

Que souhaitez-vous transmettre par votre plume ?

Comme un bon nombre de mes confrères, j’espère pouvoir sauver l’humanité des pièges vers lesquels elle se dirige. Ces fameuses « dystopies » ne sont pas des fatalités et il est possible de tirer le signal d’alarme pour éviter le pire. Lorsque Georges Orwell, Ray Bradbury, Isaac Asimov ou Frank Herbert ont écrit leurs romans, ils ne faisaient pas que décrire des problèmes, ils imaginaient tous des plans de sauvegarde à suivre pour le futur.

Avez-vous des rituels particuliers lorsque vous écrivez ? Ou un moment privilégié dans la journée pour écrire ?

Non je n’ai pas de rituels, de moment, ou d’endroit particulier. J’emporte mes histoires partout avec moi et je peux même écrire dans la salle d’attente de mon médecin sur mon téléphone.

D’où vient votre inspiration pour écrire ?

Je ne pourrais vous dire quelle est ma méthode pour trouver l’inspiration qui tient beaucoup de la sérendipité. Je rencontre ces idées dans ma vie de tous les jours et seule la façon dont je les sélectionne pour une histoire est vraiment digne d’intérêt. Je pourrais écrire un livre entier pour expliquer comment j’évalue le potentiel d’une idée dans toutes ses dimensions de l’intérêt narratif jusqu’à sa richesse philosophique ou morale, mais en fait je pourrais résumer cela en une seule phrase : « Cette histoire mérite-t-elle d’être racontée ? »

Une fois que je réponds par l’affirmative à cette première question, c’est à ce moment-là que les ennuis commencent. Car une idée n’est rien si vous ne savez pas comment l’exploiter. Pour la littérature, votre récit n’est rien si vous ne savez pas maîtriser l’écriture. Je l’avoue tout de suite, c’est ma kryptonite. Je peux maîtriser une histoire complexe, lisible sur plusieurs niveaux de compréhension, mettre en place pour chaque personnage une psychologie qui lui est propre et un background évolué. Mais arriver à coucher ça sur le papier de façon propre et élégante est pour moi un combat monstrueux. Pourtant j’ai décidé d’adopter un style simple, une écriture au présent et une narration transparente. J’espère arriver un jour à dépasser cette difficulté à force de pratiquer l’écriture.

Votre plus beau souvenir en tant qu’auteur ?

J’ai la chance d’avoir vécu ces derniers mois plusieurs événements exceptionnels en rencontrant mes confrères auteurs autoédités. C’est une communauté merveilleuse ou l’entraide n’est pas un mot vide de sens. Tellement de beaux moments que j’aurais bien du mal à en choisir un seul.

D’autres passions hormis l’écriture ?

Oui. Mais pour éviter une liste à la Prévert je vais simplement vous dire que je suis versatile et passionné par tout ce que je fais.

Avez-vous des projets en cours ?

Juste après cette interview je débute la rédaction d’une nouvelle de saison inspirée par Charles Dickens. Elle sera intégrée à un recueil de nouvelles ayant pour thème « Noël » qui sera édité et distribuée en cette fin d’année par un groupe d’auteurs indépendant rassemblé par Sélène Derose dont je fais partie. Ce recueil aura pour nom « Gourmandises de Noël » et sera distribué gratuitement. Le cadeau que va offrir notre communauté à ses lecteurs.

Si vous voulez découvrir les auteurs composant ce groupe, je vous conseille de télécharger gratuitement le premier #LITTÉRATUREMAG vous présentant tous les membres de notre club : http://www.elijaah-lebaron.com/wp-content/uploads/2017/10/LitteratureMag_ete_automne_2017.pdf


Portrait littéraire

Si vous étiez…

 

Un roman classique : « DUNE – Frank Herbert ». Plus qu’un roman, c’est ma bible.

Un roman contemporain : « Carbone modifié – Richard Morgan ». Quand on sépare le corps de l’esprit, que reste-t-il de votre âme ?

Une pièce de théâtre : « Roméo et Juliette – William Shakespeare ». J’aime parler d’amour et suis particulièrement friand des coups de théâtre.

Un poème : « Je suis – Bigflo et Oli ». Il y a quelques années je vous aurais proposé IAM. OK c’est du Rap, mais pour moi c’est la plus moderne des formes de poésie.

« … Je suis
Un peu perdu, mes p’tits poumons se remplissent d’air
Nouveau venu sur Terre
Mes premières larmes déclenchent celles de mon père
Une chance, auprès de ma famille je m’sens à ma place
Mais je n’oublie pas que j’aurais pu naître dans la chambre d’en face… »

Un auteur : J’hésite entre Frank Herbert et Georges RR Martin.
C’est pour ça que dans Personaé je suis les deux.

Un personnage de roman : « Karl Friedrich Hieronymus, baron de Münchhausen. » Un personnage auquel je m’identifie de puis des années. Ce Cyrano de Bergerac allemand à la vie aventureuse était un fin conteur. C’est ce que la postérité a retenu de lui.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Baron_de_M%C3%BCnchhausen

Un genre littéraire : La Science-fiction, bien entendu.

Un mot : « Sémantique » Le choix des mots a toujours été très important pour moi.

Une citation : « L’amour et la loyauté peuvent se vendre, mais pas s’acheter. » (Frank Herbert)


Je suis de Bigflo et Oli :

Je suis
Enfermé, à l’étroit dans ma cellule
Tous les jours le même café mais c’est le temps qui est soluble
Ces bonnes actions que l’on regrette
Ces erreurs que l’on refait
Au parloir je parle autant à mon fils qu’à mon reflet

Je suis
Gelé, j’enchaîne les verres et les hivers
Pour se rassurer les passants doivent tous penser que l’on hiberne
Bercé par le son des pas et le bruit des pièces dans les poches
Entre ce type et mon chien, je me demande de qui j’suis le plus proche

Je suis
Riche, ils veulent me faire croire que c’est une honte
Comme si j’étais responsable de toute la misère du monde
Moi j’dois rien à personne, même si l’argent vient à manquer
Ils veulent tous goûter au fruit de l’arbre que j’ai planté

Je suis
Malade, mais j’préfère dire « futur soigné »
Mes pupilles fixent l’aiguille de la montre qui brille sur mon poignet
A l’étroit dans mon corps, j’regarde le monde par le trou d’la serrure
Les gens diront que je n’ai fait qu’agrandir celui de la Sécu

Je suis
Croyant, on me reproche souvent de l’être
On me reproche ma barbe pourtant j’ai la même que Jean Jaurès
On me compare à des barbares auxquels je n’ai jamais cru
Les mosquées sont trop petites alors parfois je prie dans la rue

Je suis
Un peu perdu, mes p’tits poumons se remplissent d’air
Nouveau venu sur Terre
Mes premières larmes déclenchent celles de mon père
Une chance, auprès de ma famille je m’sens à ma place
Mais je n’oublie pas que j’aurais pu naître dans la chambre d’en face

Je suis
Seul, au fond d’un couloir, on demande pas mon avis
J’ai pris de l’âge donc voilà j’ai bien plus de rides que d’amis
J’aimerais partager mes erreurs, vous faire part de mes doutes
Parfois j’me parle à moi-même pour être sûr que quelqu’un m’écoute

Je suis
Épuisé, mais plus pour longtemps j’en suis sûr
Les sonneries de téléphone, la pression ont élargi mes blessures
J’me souviens pas d’la date de mon dernier fou rire
Je suis un homme bientôt je serai un souvenir

Je suis
Enfin là, cette terre n’est plus un mirage
Je suis, arrivé par bateau mais surtout par miracle
Une nouvelle vie m’attend ici, bien plus calme et plus stable
Ce matin j’ai écrit « tout va bien » au dos de la carte postale

Je suis
Fier, mais comment vous décrire tout ce que j’ressens
Quand je marche en ville, de moins en moins de gens me ressemblent
Dans l’ascenseur, je parle même plus la langue de ma voisine
A force de planter des arbres, y’aura plus d’places pour nos racines

Je suis
Fatigué, mal au dos et mal aux reins
Les rides sur mon visage me rappellent les montagnes de là où j’viens
On m’a menti, et c’est trop tard que je l’ai compris
On dit qu’ce pays n’est pas le mien alors qu’c’est moi qui l’ai construit

Je suis
Assis, et le destin a fait que j’me relèverai jamais
Dans cet océan j’ai l’impression d’avoir toujours ramé
Un casse-tête pour monter dans le bus
Aller au taff, passer leurs portes
Souvent les gens me regardent et me répondent que c’est pas de leur faute

Je suis
Heureux, jeune diplômé
Esprit bétonné, j’ai étonné
Ceux qui rêvaient de me voir abandonner
Ma famille est loin d’ici, j’espère que là-bas ils sont fiers
Je viens de gagner le combat qu’avait commencé ma mère

Je suis
Confiante, j’regarde ma classe un peu trop pleine pour moi
Et j’leur tiendrais la main jusqu’à ce que la réussite leur ouvre les bras
J’ai compris que parfois, les adultes sont paumés
Parce que les plus grandes leçons c’est eux qui me les ont données

Je suis
Énervé, dans mon quartier on s’ennuie loin de la ville
On écrit, on prie, on crie et j’ai des amis qui dealent
Mon grand frère est au chômage, mon pote se fait 5000 par mois
Au collège c’est le bordel, bientôt j’devrai faire un choix

Je suis
Loin, ce qu’il se passe chez moi n’intéresse pas grand monde
Pour les autres on vit un rêve mais pourtant souvent on tourne en rond
Tout est cher, avec le continent y’a comme une latence
La plage, les palmiers, mais moi j’suis pas en vacances

Je suis
Discrète, mon père m’a dit de ne pas faire de vague
Ma religion, un phare guidant mes pas depuis qu’j’ai mis les voiles
C’est drôle qu’il me surveille mais qu’il fasse tout pour
Me donner une leçon en m’empêchant d’aller en cours

Je suis
Inquiet, envers ma foi beaucoup de regards hautains
J’reçois des leçons par des types qui ne font rien pour leur prochain
L’humanité n’a pas plus d’cœur, j’vois le monde qui tourne et qui change
Et je suis triste de voir qu’il y a de moins en moins de gens le dimanche

Je suis
Amoureux, et je vois pas qui ça regarde
A part moi et celui avec qui j’partage mon lit le soir
Je l’aime, on slalome entre les insultes et les blagues
Dire qu’il y a peu de temps je n’avais pas le droit de lui offrir une bague

Je suis
Oublié, mes fins de mois se font sur le fil
C’est devenu rare d’aller au restau ou d’aller voir un film
Je suis qu’un chiffre, qu’un vote, qu’une statistique, un point de plus dans la foule
Moi j’suis juste né ici et j’ai l’impression que tout le monde s’en fout

Je suis
Un rendez-vous, un hasard, un match de foot, un mariage
Une manif’, un anniv’, une accolade, une bagarre
Une scène de crime, un jugement, un gosse qui rit, une erreur
Une montagne enneigée, je suis la pointe de la plume d’un auteur
Je suis les pleurs d’un départ, je suis la chaleur des bars
Je suis une saveur cinq étoiles ou bien le gras d’un kebab
Les flemmards, les couche-tard, les lève-tôt
Les râleurs, les regards dans l’métro
Un oncle raciste, un concert vide, la crise, la déprime qui ressert l’étau
Je suis l’excellence, l’élégance ou l’espérance d’une naissance
Ces campagnes dans l’silence, ces grandes villes immenses et denses
Je suis, un peu de moi et beaucoup des autres quand j’y pense
Je suis,… la France


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