Laure Manel : « J’écris avec mes tripes, avec ce qui me touche et me pose question, sincèrement. »

Auteur connue en autoédition, reconnue par l’édition classique, Laure n’est plus à présenter et La délicatesse du homard encore moins : vous l’avez tous vu dans n’importe quelle librairie, n’importe quel centre culturel, partout en France. Une belle plume, mais aussi une belle personne, généreuse et passionnée. Je la remercie encore une fois de m’avoir accordé cette interview et de s’être livrée, avec une grande simplicité et beaucoup de profondeur, au fil de mes questions.

Laure, pour commencer, quelques mots sur votre parcours ?

J’ai commencé à écrire dès que j’ai appris (à écrire)… L’écriture m’a accompagnée tout au long de mon adolescence, sans pour autant avoir jamais fini un seul « livre ». J’ai passé un Bac L et obtenu une Licence de Lettres Modernes, puis j’ai suivi la formation classique pour devenir professeur des écoles. Pendant une vingtaine d’années, je me suis éloignée de l’écriture de fiction. J’étais plutôt « dans la vie », dans la construction.

Et puis en 2010 j’ai rencontré quelqu’un qui m’a conseillé d’écrire, parce qu’il me « voyait » devenir auteur. Cela m’a remis le pied à l’étrier, et j’ai commencé par écrire des petits textes (avec le livre « 350 exercices d’écriture »), puis à participer à des ateliers d’écriture et à quelques concours de nouvelles.

En 2011-2012, j’ai suivi pendant un an (20 journées) une formation à l’écriture de scénario, sur Paris ; et une formation à distance pour devenir écrivain public, ce que je suis devenue en juillet 2012. Bien sûr, je suis restée (et suis toujours) « instit ». Cette activité m’a permis d’écrire pour les autres (biographies, lettres, discours…) et d’évaluer/de corriger des manuscrits pour deux « maisons d’édition » (qui n’étaient pas « à compte d’éditeur »). Parallèlement, je me suis mise à l’animation d’un atelier d’écriture.
En vérité, je me suis vite lassée de cette activité, parce que j’avais envie d’écrire de la fiction, d’écrire « pour moi ». Donc, je ne suis plus écrivain public depuis quelques années.

L’été 2014, j’ai achevé mon premier roman (commencé fin 2011 mais arrêté pour cause d’emploi du temps incompatible), que j’ai publié en autoédition en juin 2015. Et la machine a été lancée (très timidement, au départ).

Présentez-nous vos romans…

Histoire d’@ (juin 2015) est un roman épistolaire sous formes de mails. Il s’agit de « retrouvailles » par écrit, après plus de dix ans sans nouvelles entre deux amis qui s’étaient fâchés. Leur correspondance risque de bouleverser le cours de leur existence.

La vie en Rose (juillet 2015) est un tout petit roman illustré pour les enfants de 8 à 11 ans, qui aborde un thème qui me tient à cœur. Scoop : Rose et son amie Manon seront des personnages de mon roman (pour adultes) à venir.

L’Embarras du choix (janvier 2016) est un roman contemporain, en trois parties du type « comédie dramatique », qui évoque la difficulté de faire des choix dans la vie, et notamment, pour l’héroïne, de dire oui ou non à son mari alors qu’elle est en train de se marier… tout ça parce qu’elle se projette de façon assez fantasque dans un futur qui la confrontera à la tentation de l’adultère à trois moments différents de leur vie de couple. Ce roman est la concrétisation de mon projet de scénario issu de ma formation.

La délicatesse du homard (novembre 2016, puis mai 2017) est un roman que je pensais simplement « contemporain », mais que les gens ont perçu (à mon grand étonnement) comme « feel-good ». C’est un roman à deux voix, raconté par un homme et une femme.
J’aime beaucoup varier le type de narration.

Après avoir connu un grand succès en autoédition, La délicatesse du homard, est aujourd’hui publié par Michel Lafon. Comment analysez-vous ce succès a posteriori ?

C’est une question complexe, parce que je ne me l’explique toujours pas vraiment ! Les retours des lecteurs, ou de journalistes, mettent en avant son titre « accrocheur », sa couverture (la première a intrigué), la narration à deux voix qui fonctionne bien, le fait que les personnages sont attachants, qu’il y a du mystère et du suspens… qu’il fait du bien… qu’ils ont eu du mal à le lâcher. Mais c’est aussi le cas de beaucoup de livres ! Je suis évidemment persuadée que bien des pépites sont ignorées dans la jungle amazonienne… et c’est injuste. Pour ce qui est de sa montée directe dans le top 100 et de son séjour de plusieurs semaines tout en haut, je ne sais pas ce qui a joué… Les lecteurs de mes précédents livres l’attendaient (très franchement, un 3ème est beaucoup plus facile à lancer) et ont suivi l’avancée dans l’écriture, et je suppose qu’il y a eu un phénomène de « bouche à oreille » rapide. Le prix de lancement à 0,99 € pendant plusieurs jours a sans doute aussi contribué à un bon démarrage…mais vraiment je crois que c’est une combinaison de facteurs.

Que souhaitez-vous transmettre par votre plume ?

A la fois de l’évasion et de la réflexion. J’aime entraîner le lecteur dans une histoire qui le sort complètement de sa vie tout en s’identifiant quand même aux héros, une histoire qui le fasse réfléchir, s’émouvoir… J’écris des histoires réalistes, implantées dans le monde d’aujourd’hui, sur des thèmes un peu orientés « psycho » (la famille, le deuil, la maladie, le couple…).

Selon vous, quelle est la place de l’auteur dans notre société ?

Joli sujet de philo ! (mais je vais faire court 😉 )
Je ne suis pas un auteur « engagé », en tout cas pour l’instant. Je ne me bats pas dans mes livres pour une cause, je ne suis ni dans la polémique ni dans la dénonciation… C’est une question de personnalité (je suis plutôt du genre « verre à moitié plein », feel-good pour de vrai). J’écris avec mes tripes, avec ce qui me touche et me pose question, sincèrement (ça ne veut pas dire que je suis insensible aux problèmes de notre société !).
Je ne me prétends pas « artiste », mais j’aime et je cherche le Beau.

Que dirait l’enfant que vous étiez à l’écrivain que vous êtes devenue ?

« Tu y es arrivée » (à 10 ans, j’avais dit à ma mère que je voulais être écrivain et en faire mon métier)

Votre plus beau souvenir en tant qu’auteur ?

C’est une question simple mais difficile. J’hésite… Il y en a trop ! En fait, depuis début 2016, je vis une aventure incroyable qui n’est ponctuée que de beaux souvenirs, alors…

D’autres passions hormis l’écriture ?

La lecture, bien sûr. J’ai fait du théâtre pendant quelques années. J’aime aussi le sport, la randonnée en montagne, la photo… A l’époque où je n’écrivais pas, je faisais aussi beaucoup de loisirs créatifs. Mais je cours clairement après le temps, et je n’arrive même pas à lire vraiment… Deux métiers en parallèle (je suis encore à plein temps), ça occupe !

Avez-vous des projets en cours ?

Je vais sortir un recueil de textes en autoédition en novembre prochain, et un roman en mai 2018 chez Michel Lafon. Ils sont tous les deux en cours d’écriture. Très sincèrement, j’ai un trac immense, et très peur de décevoir les lecteurs de LDDH…


Portrait littéraire

Si vous étiez…

Un roman classique : « Le lys dans la vallée » de Balzac
Un roman contemporain : « Les témoins de la mariée » de Didier van Cauwelaert
Une pièce de théâtre : « Antigone » d’Anouilh
Un poème : « L’amoureuse » d’Eluard
Un auteur : Tatiana de Rosnay
Un personnage de roman : Emma Bovary
Un genre littéraire : contemporain
Un mot : Vie
Une citation :
« Impose ta chance, serre ton bonheur et va vers ton risque
; à te regarder, ils s’habitueront » (R. Char)


Cette interview vous a plu ?

Vous souhaitez en savoir plus sur Laure Manel et son œuvre ?

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2 commentaires sur “Laure Manel : « J’écris avec mes tripes, avec ce qui me touche et me pose question, sincèrement. »

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