Charlotte Orcival : « Le désir de raconter une histoire est au moins aussi fort que celui de l’écouter. »

 

xkW_ZoOmFaut-il encore présenter Charlotte Orcival ? Auteur de trois romans qui ont connu chacun un beau succès en autoédition, Charlotte est passionnée par la vie et amoureuse de l’amour. Une belle plume au grand cœur à connaître forcément. Merci à elle !

Charlotte, pour commencer, quelques mots sur votre parcours ?

Après des études littéraires, j’ai choisi de travailler dans la communication et j’occupe actuellement un poste de direction dans une entreprise dans ce domaine… Malgré tout, mon gout pour l’écriture, né durant l’enfance, ne s’est jamais évanoui et il y a quelques années, j’ai eu envie d’écrire un roman, en me mettant au défi, surtout, de le terminer. Car j’avais tendance à procrastiner. C’est ainsi qu’il y a presque deux ans, j’ai achevé un premier roman que j’ai mis à la disposition des lecteurs en autoédition sur Amazon. Voilà, c’était parti !

Présentez-nous vos romans…

J’ai aujourd’hui écrit trois livres : Forever Young, Vingt ans et quelques et le dernier Et tes larmes retenir. Ces trois recueils ont des marqueurs temporels forts : Forever Young est l’histoire d’une adolescente dans les années 80. Vingt ans et quelques, celles de multiples personnages, garçons ou filles, dans les années 90 au moment de leur vingtaine. Et tes larmes retenir marque le début des années 2000 et le virage de la trentaine. Tout cela à travers le prisme des sentiments et des relations amoureuses. Parce que l’amour, au fond, il n’y a que cela qui me fait vibrer en tant qu’auteur.

De Forever Young à Et tes larmes retenir, certains personnages (Julien et Anna) sont récurrents, que le lecteur suit de leur jeunesse à l’âge adulte. Est-ce difficile de se séparer de ses personnages ? Peut-on envisager les retrouver jusqu’à leur vieillesse ?

Effectivement, dans mes trois livres, nous suivons le parcours de personnages que l’on voit grandir et évoluer à travers les années et notamment le couple incarné par Julien et Anna. Je ne suis pas la première à avoir pris ce parti. Il y a par exemple au cinéma la trilogie Before (Before Sunrise, Before Sunset, Before Midnight) qui a joué de manière extraordinaire sur l’évolution de deux personnages sur trois décennies. En littérature, récemment, Jay McInerney a publié le troisième tome de la vie d’un couple commencé dans les années 90 (Trente ans et des poussières, La belle vie, Les jours enfuis). J’ai beaucoup aimé réaliser moi-même l’expérience parce que cela m’a invité à réfléchir bien sûr à la vie de mes personnages mais aussi à mettre en perspective également la vie du monde en général. Qu’est-ce qu’il s’est passé entre les années 80 et 90 qui a modifié les personnages et leur trajectoire ? Idem pour les années 2000. Sans doute, est-ce aussi le signe qu’effectivement, c’est assez difficile d’abandonner ses personnages et c’est pour cela que je suis à peu près sûre qu’un jour, lointain, je raconterai la suite de la vie de ces personnages. D’une certaine façon, je le leur dois.

Que souhaitez-vous transmettre par votre plume ?

Fondamentalement, j’écris pour moi. D’abord. Je n’ai cherché la reconnaissance, le regard d’un autre que fort récemment. Et donc du coup, je ne sais pas si je cherche à transmettre quelque chose. Par contre, je sais dire de quoi est constitué mon désir d’écrire : de mon désir d’exprimer sur le papier des sentiments qui sont au plus près de moi, presque intimes, pour y voir clair, pour m’apaiser. Et parfois ces sentiments que j’exprime se révèlent, quand des lecteurs me font partager leur ressenti, assez universels.

Mes romans n’ont pas beaucoup d’effets dramatiques, de rebondissements. J’en ai bien conscience et je le regrette parfois car j’aimerais pouvoir m’essayer à d’autres types d’écriture. Mais je m’efforce par contre de me mettre vraiment dans la peau de mes personnages pour leur faire cracher ce qu’ils ont dans le ventre. Et leurs vies simples, banales sans doute, se révèlent souvent très intéressantes pour peu que l’on accède à leur richesse intérieure.

Selon vous, quelle est la place de l’auteur dans notre société ?

Depuis la nuit des temps, les êtres humains aiment écouter des histoires. Ils en ont même besoin. Alors les auteurs, les scénaristes, les réalisateurs sont des personnages clés dans notre société. Quant à savoir en revanche s’ils en sont suffisamment récompensés, la réponse est non pour la grande majorité. Mais le désir de raconter une histoire étant au moins aussi fort que celui de l’écouter, ça ne change rien au fait que les auteurs continueront toujours d’écrire !

Que dirait l’enfant que vous étiez à l’auteur que vous êtes devenue ?

Il dirait « Incroyable ! Tu n’osais même pas en rêver ». Et il rajouterait « Ne te la pète pas trop non plus ! »

Votre plus beau souvenir en tant qu’auteur ?

J’ai mis mon premier roman « Forever Young » en ligne sur la plateforme Amazon sans que personne ne l’ai lu avant. Personne. Pas mon mari, pas ma copine. Personne. Et j’ai attendu. Fébrilement. Que quelque chose se passe. Au bout de 15 jours, je crois, j’ai reçu un message sur ma page Facebook d’une personne qui s’appelle Marion. Et ce message a changé ma vie. Outre le fait que cette lectrice avait aimé mon livre, elle a surtout fait de moi un auteur. Car sans lecteur, je ne pouvais pas prétendre à ce statut. Alors merci Marion !

D’autres passions hormis l’écriture ?

Organiser mes vacances en famille ou avec mes amis, marcher dans Paris en regardant les façades, buller au Starbucks avec un bon roman… Vivre ma vie !

Avez-vous des projets en cours ?

Pour être tout à fait honnête, je traverse une phase un peu étrange. Mon dernier roman Et tes larmes retenir fait partie des fameux 500 livres de la rentrée littéraire et travailler à sa sortie avec mon éditeur Harper & Collins, m’a beaucoup occupée. Mais voilà, cela approche : le 4 octobre prochain, il sera à la disposition de toutes et tous ! C’est assez excitant. Du coup, mes projets d’écriture ont été un peu chamboulés. Et je ne sais pas du tout dire quand paraitra quoi. Mais je ne m’en fais pas. Cela viendra en son temps. C’est tout !


Portrait littéraire

Si vous étiez…

Un roman classique : Splendeurs et Misères des courtisanes de Balzac.
Un roman contemporain : « Le Chardonneret » de Donna Tartt.
Une pièce de théâtre : Un womanshow de Florence Foresti.
Un poème : Extrait de « Ecrire » de Charles Juliet

Écrire. Écrire pour obéir au besoin que j’en ai.
Écrire pour apprendre à écrire. Apprendre à parler.
Écrire pour ne plus avoir peur.
Écrire pour ne pas vivre dans l’ignorance.
Écrire pour panser mes blessures. Ne pas rester prisonnier de ce qui a fracturé mon enfance.
Écrire pour me parcourir, me découvrir. Me révéler à moi-même.
Écrire pour déraciner la haine de soi. Apprendre à m’aimer.
Écrire pour surmonter mes inhibitions, me dégager de mes entraves.
Écrire pour déterrer ma voix, me faire exister.

Un auteur : Philippe Besson
Un personnage de roman : Le dernier héros qui m’a bluffé est Werner Zilch, narrateur et personnage principal du roman « Le dernier des nôtres » de Adélaïde de Clermont-Tonnerre.
Un genre littéraire : La fiction romanesque
Un mot : Catimini
Une citation : « Le langage n’est pas la vérité. Il est notre manière d’exister dans l’univers. » Paul Auster, « L’Invention de la solitude ».


Cette interview vous a plu ?

Vous souhaitez en savoir plus sur l’auteur et ses romans ?

Plus d’infos sur son blog : https://charlotteorcival.wixsite.com/monsite

Et ma chronique sur Et tes larmes retenir est ici

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