Entretien avec Pierre Thiry, auteur

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Exceptionnellement, nous avons deux ITW cette semaine !

Aujourd’hui, rencontre avec Pierre Thiry, auteur indépendant et poète talentueux, dont j’ai eu l’immense plaisir de chroniquer le recueil Sansonnets ; je l’en remercie encore pour cela et pour l’exemplaire dédicacé qu’il m’avait alors fait parvenir, me permettant de découvrir une très belle plume, pleine de subtilité. A vous de découvrir, si vous ne le connaissez pas encore, cet auteur formidable !

Et je vous signale au passage que Pierre Thiry sera en dédicace à Rouen le Dimanche 17 septembre à « Quai des livres » sur le stand dénommé « Le Salon des écrivains Normands ».

Pierre, pour commencer, quelques mots sur votre parcours ?

J’ai été administrateur d’un théâtre durant de nombreuses années. J’y ai acquis une bonne connaissance du milieu culturel. Depuis sept ans, je suis animateur d’ateliers d’écriture. J’ai toujours été passionné d’écriture, de langues, de langages et de rencontres. L’atelier d’écriture me paraît être aujourd’hui une des formes les plus merveilleuses de rencontres et de partages dans un monde où chacun sent que ce type de respiration créative est nécessaire.

Présentez-nous vos publications…

J’ai publié quatre livres, à la date d’aujourd’hui (j’espère en publier d’autres dans le futur).

Le premier « Ramsès au pays des points-virgules » (2009) est un roman court, une sorte de conte un peu absurde, que j’avais d’abord écrit pour m’amuser et pour amuser mes nièces et neveux à qui je le destinais. Ce livre a eu un parcours qui m’a ensuite beaucoup surpris. Une étudiante de Master 2 en littérature française à l’Université de Constantine (Algérie) a rédigé à son sujet un mémoire intitulé « Lecture intertextuelle et enchâssement dans Ramsès au pays des points-virgules de Pierre Thiry » c’est un honneur universitaire dont je me suis senti très honoré et d’autant plus qu’il venait du continent africain de l’autre côté de la Méditerranée. J’aime penser que je publie mes livres pour les 275 millions de francophones qui vivent à travers le monde. À l’heure d’internet c’est une réalité possible.

J’ai ensuite publié un petit conte avec un long titre : « Isidore Tiperanole et les trois lapins de Montceau-les-Mines » (2011), un livre illustré par Myriam Saci et où j’ai voulu rendre hommage à la Bourgogne et à la ville de Montceau-les-Mines à travers un petit conte pour enfants.

En 2012, j’ai publié un roman qui est un hommage à Gustave Flaubert et à la ville de Rouen dans laquelle je vis, mais aussi au monde entier dans lequel je vis (Gustave Flaubert aimait dire que les frontières n’étaient rien). Le sixième pont construit sur la Seine, à la sortie du « port maritime » de Rouen a été baptisé « pont Gustave Flaubert » cela m’amusait et ce d’autant plus que ce pont me paraissait ressembler à un gigantesque instrument de musique. J’ai donc construit un roman où il est beaucoup question des rapports de Gustave Flaubert à la musique (de sa rencontre, imaginée par moi avec un compositeur oublié : Giovanni Bottesini). Ce roman est aussi un « polar décalé » se déroulant aujourd’hui, durant une « armada de fiction » en 2017 à Rouen…

Après m’être bien fatigué à l’écriture d’un roman fantaisiste, j’ai voulu renouer avec une forme plus courte, plus exigeante : le sonnet, j’ai donc écrit « Sansonnets un cygne à l’envers »…

Parlons Sansonnets… Pourquoi avoir choisi de mettre en avant le sonnet ? Cette contrainte de forme a-t-elle été une difficulté ou offre-t-elle au contraire une certaine liberté dans le fond ?

J’ai toujours aimé écrire des sonnets. La contrainte de la forme est quelque chose qui m’intéresse, sans doute parce que je suis né dans un famille de musiciens. La composition musicale s’intéresse beaucoup aux contraintes formelles. À mes yeux le sonnet est un des premiers « jeux d’écriture » qui aient été inventé, une des premières écriture à contrainte. Le sonnet a été considéré par certains comme l’une des plus exigeantes formes poétiques et puis la notion de poésie a évolué, on a ensuite pu écrire qu’un sonnet ce n’est pas de la poésie. J’ai voulu jouer sur cette ambiguité en publiant « Sansonnets un cygne à l’envers ». J’ai publié cent sonnets mais je ne pense pas avoir publié cent poèmes. Je ne sais pas ce que c’est que la poésie, en revanche je me suis imaginé que je savais ce qu’était un sonnet… Peut-être me suis-je trompé mais l’errance est un joli voyage et je ne regrette pas de m’être laissé entraîné à la poursuite de mes sansonnets… Il s’agissait surtout dans ce petit livre d’explorer une forme de légèreté, d’humour ou d’émotion. L’humour est aussi une chose sérieuse !

Que souhaitez-vous transmettre par votre plume ?

J’aimerais pouvoir transmettre de l’enthousiasme et du sourire. J’écrit aussi pour dire quelque chose de tous les livres que j’ai lus et qui m’ont constitué en m’invitant à penser, en me contredisant, en m’ennuyant ou en me faisant rire. Peu de livres me sont indifférents. Ils sont tous très bavards, ont beaucoup de choses à dire… J’ai voulu à mon tour faire bavarder quelques petits livres.

Selon vous, quelle est la place de l’auteur dans notre société ?

Je ne sais pas très bien ce qu’est un auteur… Je ne sais donc pas trop quoi dire sur la place de l’auteur dans notre société. Personnellement, je ne me sens pas réellement un auteur (même si je suis indiscutablement, insupportablement, absolument et férocement l’auteur de mes livres). Je préfère souvent dire que je suis un « écriveur », celui qui aime écrire.

Dans l’époque que nous vivons, celle de l’informatique et d’internet, j’ai un peu l’impression que tout le monde est un peu auteur d’un gigantesque texte infini et parfois un peu incohérent qui ne cesse jamais de s’écrire dans les méandres de la « blogosphère » ou sur les autoroutes des réseaux sociaux. De cette masse de textes sortent de temps en temps des blocs plus ou moins fantastiques ou comestibles… Les plus merveilleux et les plus appétissants à mes yeux sont ceux que l’on parvient à transformer en livres imprimés : un des objets les plus perfectionnés que l’on ait pu inventer.

Être auteur dans une certaine mythologie c’est être Madame de La Fayette, Montesquieu, Madame de Staël, Victor Hugo, George Sand ou Flaubert et quelques autres (des noms qui sont aussi devenus des statues de marbres insurpassables…) Être auteur aujourd’hui c’est plus prosaïquement écrire des textes pour qu’ils soient lus et interprétés par la diversité des lecteurs. Il faut un certain courage et une certaine abnégation pour être réellement un auteur. Si Victor Hugo a ses avenues et Gustave Flaubert son pont et quelques bars-tabacs, nombreux sont les auteurs qui sont voués à l’oubli… Peu nombreux sont ceux qui se souviennent aujourd’hui du nom de Pierre de La Ramée l’auteur de la fameuse « Gramère » de 1562…

Pourquoi vous être dirigé vers l’autoédition ? Après plusieurs publications, quel bilan en faites-vous à titre personnel ?

Il m’est difficile de faire un bilan car j’ai fait ce choix plutôt à titre d’expérience qu’à la suite d’un calcul très réfléchi. Je suis heureux d’une chose : mes livres sont lus, des lecteurs en parlent sur la blogosphère et sur des forums littéraires comme « Babelio ». J’ai une grande gratitude pour tous les auteurs de chroniques de lecture qui ont pris le temps de lire mes livres et d’en parler, souvent dans de magnifiques articles. Les premiers retours sont souvent merveilleux. Je garde une belle reconnaissance à Koyolite Tseila du site Le Galion des Etoiles que je ne connaissais pas du tout et qui a acheté mon « Ramsès au pays des points-virgules » pour en parler dans un très bel article. J’ai également été très touché par l’article écrit par une libraire parisienne au sujet de ce même livre sur son blog « La Bibliothèque de Glow », il faudrait aussi que je cite les articles d’un autre libraire et auteur : Eric Darsan, votre article sur « Sansonnets un cygne à l’envers » ou celui de de Lily Bfrancis sur « Le Mystère du pont Gustave-Flaubert »… Ce sont des centaines de blogueuses, blogueurs, vlogueuses et vlogueurs qu’il faudrait que je cite dont les articles ou les chroniques vidéo ont apporté de nouveaux lecteurs à mes livres… La question qu’ils aient été autoédités ou édités est finalement secondaire. Ils ont été lus, là est l’essentiel.

Votre plus beau souvenir en tant qu’auteur ?

C’est quand j’ai dédicacé, à Montceau-les-Mines, un exemplaire d’ « Isidore Tiperanole et les trois lapins de Montceau-les-Mines » pour une petite fille qui s’appelait Shéhérazade… J’aime tellement les contes des mille-et-une nuits !!! Alors forcément, j’étais un peu ému…

D’autres passions hormis l’écriture ?

Les contes des mille et une nuits ! J’adore lire et m’évader des mille et une significations que recèle en lui-même un mot… J’aime aussi voyager, admirer, dans la vie réelle. Le monde, les paysages, les arts, la musique peuvent se lire comme un des plus magnifiques livres qui soit.

Avez-vous des projets en cours ?

Oui ! J’en ai plusieurs sur lesquels je ne cesse d’accumuler du retard. C’est épouvantable. Plus j’écris et plus je suis en retard !.. Et puis il y a toujours tellement de bonnes raisons de prendre du retard, ces si sympathiques rencontres avec mes lecteurs dans les salons du livre… À ce propos il ne faut pas que j’oublie de vous dire que je signerai mes livres à Rouen le Dimanche 17 septembre à « Quai des livres » sur le stand dénommé « Le Salon des écrivains Normands ».

 

Merci encore à Pierre pour le temps qu’il a pris ! Je suis heureuse d’en apprendre davantage sur cet auteur décidément passionnant !


Portrait littéraire

Si vous étiez…

Un roman classique : « L’homme qui rit » de Victor Hugo
Un roman contemporain : « Le vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire » de Jonas Jonasson
Une pièce de théâtre : « Mac Beth » de Shakespeare à cause de cette célèbre tirade finale : « life is a tale told by an idiot, full of sound and fury, signifying nothing. »
Un poème : « Avec ses quatre dromadaires, Don Pedro d’Alfaroubeira » de Guillaume Apollinaire
Un auteur : Moi-même
Un personnage de roman : L’oncle Sigismond (c’est un des personnages de « Ramsès au pays des points-virgules »)
Un genre littéraire : Il reste sans doute à inventer.
Un mot : Enthousiasme
Une citation : « Les beaux arts me retracent ton image ; la musique c’est ta voix, le ciel ton regard… » (Il s’agit d’un extrait du roman « Corinne » de Germaine de Staël)

 


Cette interview vous a plu ?

Vous souhaitez en savoir plus sur l’auteur et ses livres ?

http://charles-hockolmess.e-monsite.com/

http://pierrethiry.wordpress.com/

http://www.facebook.com/PierreThiry.auteur

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