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Aujourd’hui, nous nous retrouvons avec C.S. Ringer, une auteur qui officie sur Scribay et Wattpad. Vous ne verrez pas son visage, cette Lizbeth Salander a choisi l’anonymat et peu importe ! puisque ce sont ses écrits qui nous intéressent ! Je vous laisse la découvrir et la remercie d’avoir participé à l’interview du mardi avec une grande gentillesse.

Pour commencer, quelques mots sur votre parcours ?

J’ai commencé à écrire assez jeune, j’étais déjà fascinée par les personnages ordinaires dotés de pouvoirs surnaturels tels les X-Men. Mais bientôt, lire et regarder des films ne m’a plus suffi, j’avais besoin de créer mes propres univers avec mes héros et leurs enjeux. À l’époque (c’est-à-dire vers mes 10 ans, je ne saurais dire si l’écriture a commencé plus tôt ou non), j’écrivais des petits bouts d’histoires sans jamais les achever, elles mettaient souvent en scène des jeunes filles fortes et caractérielles, ce qui n’a pas vraiment changé aujourd’hui !

À l’adolescence, frustrée de ne jamais avoir la motivation de finir un roman, j’ai orienté mon besoin de création par le dessin. Cela s’est poursuivi jusqu’à la fin du lycée, jusqu’à ce que je fasse un rêve délirant avec des zombies. C’est là que j’ai repris l’écriture avec un roman sobrement intitulé Zombies et dont les chapitres ont été publiés un temps sur le forum Histoires de Romans.

Je me suis beaucoup amusée à écrire cette histoire, mais après environ 100.000 mots, je me suis rendu compte que l’intrigue était bancale et ne me plaisait pas trop, alors je l’ai remisée avec l’intention de l’améliorer. C’est là qu’interviennent les Cavaliers Nocturnes, une saga d’urban-fantasy que j’ai débuté en 2014. En ce moment, exactement comme pour Zombies, j’ai compris que certains éléments de l’univers (et pas seulement dans le tome 1) étaient nébuleux ou incohérents. L’écriture de la saga est donc en pause pour le moment, mais j’ai bien l’intention de la reprendre ! C’est un projet que je veux mener à bien coûte que coûte !

Forte de mes erreurs, j’ai décidé de m’organiser correctement avant de débuter l’écriture de Break the chains, dont l’idée de base m’est venue à partir d’un rêve (encore un). Et miracle, ça a marché ! Il faut dire aussi que se lancer dans une saga de plusieurs tomes sans expériences, c’est un peu compliqué. Comme Break the chains est un roman unique (dans le sens où il n’aura pas de suite), c’était un peu plus simple de composer l’intrigue et les personnages.

Présentez-nous vos livres…

Même si la saga est en pause pour l’instant, je vais quand même présenter les Cavaliers Nocturnes.

L’héroïne principale, Maven, est une jeune femme qui rejoint une troupe de chasseurs de monstres représentée par Léon, un homme taciturne, alcoolique et colérique qui semble porter un lourd fardeau. Tout ce beau petit monde s’emploie à chasser des monstres en échange de récompenses, mais Maven cache de nombreuses raisons quant à sa volonté d’intégrer une bande comme celle-ci.

Passons à Break the chains, qui est un roman radicalement différent, puisque exit les monstres, la magie et le surnaturel, il s’agit ici d’une romance sur fond LGBT qui raconte le quotidien d’un frère et d’une sœur, Andy et Billy Coleman. Le premier se verra confronté à des sentiments qu’il ne s’était jamais imaginé éprouver un jour, tandis que la deuxième verra sa vie basculer quand elle surprendra une conversation de son petit ami.

Quels auteurs ou œuvres vous ont inspirée ?

Je lis pas mal de romans policiers et de thrillers, comme Fred Vargas ou Maxime Chattam, Stephen King est aussi un auteur que j’admire particulièrement pour les ambiances pesantes qu’il arrive à instaurer, et à l’originalité de ses histoires. En ce moment je découvre la saga Millénium de Stieg Larsson et je dois dire que c’est particulièrement accrocheur !

Isaac Asimov a aussi été une très agréable découverte il y a quelques années, j’aime beaucoup sa saga Fondation et Robots (même si je n’ai pas tout lu de cette dernière).

Paolo Coelho est aussi un de mes auteurs préférés, avec une plume très belle et des romans inspirants et poétiques. Chacun de ses livres m’a assommé dans le bon sens du terme.

Je m’inspire de la mythologie, surtout nordique, et des folklores européens pour créer et parfois réinventer des monstres sanguinaires. Les légendes urbaines et les histoires paranormales me fascinent, même si je suis une grande trouillarde !

Vous écrivez dans des genres variés et sur de nombreux sujets. Que souhaitez-vous transmettre par votre plume ?

Et bien comme beaucoup d’auteurs et d’autrices, j’ai envie de transmettre des émotions à mon lecteur ; la crainte, la joie, le soulagement, l’attachement, la pitié, la colère, qu’il se sente impliqué dans l’histoire. Après je n’ai pas la prétention de vouloir transmettre une quelconque morale à mes romans, j’écris seulement ce que j’aimerais lire.

Pourquoi avoir choisi d’écrire sur des plateformes comme Scribay et Wattpad ?

Certains auteurs écrivent pour eux-mêmes, c’est un moyen d’échapper à leur quotidien ou seulement de se divertir, et ils ne cherchent pas forcément à être lus. Ce n’est pas mon cas. J’ai envie de partager mes récits et de me confronter à l’avis des lecteurs, voir les erreurs ou les incohérences que je ne décèle pas forcément. Et puis c’est agréable de voir quand ton roman plaît, on se dit qu’on ne fait pas tout cela pour rien ! Ce sont des chouettes communautés, même si Wattpad est tout de même un énorme réseau où il est parfois difficile de se faire une place, et beaucoup pointent le fait que les bonnes histoires se retrouvent noyées sous une vague de récits très moyens, voire franchement mauvais. Scribay est une plateforme plus petite, mais on y trouve beaucoup de bonnes histoires et une communauté vraiment sympathique.

C’est une bonne expérience de publier sur ces plateformes, ça confronte l’auteur aux premiers retours et aux critiques, et ça ne peut être que bénéfique pour lui/elle !

Break the chains est selon vos propres mots une romance LGBT. L’identité sexuelle et le féminisme sont des sujets qui vous tiennent à cœur, semble-t-il…

Je trouve en effet dommage que les romans ne soient pas assez diversifiés en ce qui concerne l’identité sexuelle. On voit beaucoup de relations hétérosexuelles et de personnes cisgenre (qui s’identifie au genre assigné à sa naissance), mais on parle rarement, ou trop peu, d’homosexualité, des intersexes, des transgenres/sexuels, et de la multitude d’orientations sexuelles qui existent et que beaucoup préfèrent ignorer ou pire, moquer. Je ne prétends pas être la justicière qui défend et met en lumière les minorités, mais je me renseigne à leur sujet et quand je le connais bien, j’essaye de les intégrer de façon réaliste à mes romans. Pas pour gagner des lecteurs, mais pour changer un peu des codes de l’hétéronormativité que l’on voit souvent au détriment des autres.

Concernant le féminisme, disons que j’intègre dans Break the chains des sujets comme le consentement mutuel, le slut-shaming (le fait de blâmer ou incriminer une personne, souvent les femmes, pour leur tenue ou leur comportement) ou encore le victim-blaming (le fait de rejeter la faute d’une victime d’agressions physiques ou sexuelles pour les mêmes raisons). Je me suis rendue compte que les romances (et les autres genres littéraires également) évoquaient rarement ou jamais le consentement, alors que c’est une phase clé dans toutes les relations. On n’entend presque jamais parler de protections non plus, alors que ce n’est pas très compliqué d’évoquer un personnage qui enfile un préservatif par exemple.

Je ne dis pas que l’auteur a le devoir d’intégrer cela dans son roman afin d’éduquer la jeune génération, mais pourquoi l’ignorer ou l’occulter pour autant ? Certains prétendent que cela casse le rythme et le charme de la scène, ce qui est faux. Ça peut tenir en deux lignes, donc pour moi l’excuse ne tient pas.

Avez-vous des rituels particuliers lorsque vous écrivez ? Ou un moment privilégié dans la journée pour écrire ?

Quand j’écris, j’aime bien être au calme et avoir des choses à boire ou à grignoter à portée de main. Je préfère de loin écrire le soir, voire la nuit, c’est là que je puise mon inspiration en grande partie et j’aime savoir que tout le monde dort pendant que mon imagination bouillonne comme un volcan ! Bien sûr il m’arrive d’écrire la journée, mais c’est souvent des petits bouts.

J’essaye d’écrire tous les jours et de fixer un quota de 500 mots à chaque séance. Pour cela, les camps d’écriture sont plutôt efficaces ! Ça m’aide à tenir un rythme régulier.

D’autres passions hormis l’écriture ?

J’aime faire du graphisme de temps en temps, d’ailleurs les couvertures de mes romans sont entièrement de ma création (avec des images libres de droits, je tiens à le préciser). Je faisais beaucoup de codage à une époque, mais le domaine évolue tellement vite qu’à un moment donné j’ai perdu pied et la passion s’est étiolée, mais j’adorais ça !

J’adore lire aussi, surtout des policiers et des thrillers, parfois de la romance et de l’érotisme. J’essaie de diversifier mes lectures et ne pas toujours me cantonner à un même genre. Il n’y a que la fantasy qui m’intéresse assez peu, pourtant j’en lisais beaucoup étant enfant et ado !

Avez-vous des projets en cours ?

Plein même ! Je ne sais pas encore quelle histoire je vais écrire après Break the chains, mais j’ai l’embarras du choix ! J’ai pour projets un roman dramatique, une série d’enquêtes paranormales et un roman érotico-horrifique parmi beaucoup d’autres, et évidemment plancher sur l’univers des Cavaliers Nocturnes. Après la romance contemporaine, j’aimerais revenir à mes premiers amours, à savoir l’horreur et le fantastique. J’ai pas mal d’idées, certaines ne dépasseront peut-être pas le stade du brouillon, mais je sais que je ne serais presque jamais à court d’intrigues !

Merci encore à l’auteur d’avoir répondu à mes questions et à mardi prochain !


Portrait littéraire

Si vous étiez…

Un roman classique : Thérèse Raquin d’Emile Zola. Je l’avais étudié en première et je me souviens que le drame de cette histoire m’avait marqué et fasciné à la fois.

Un roman contemporain : Onze minutes de Paolo Coelho. Ce livre m’a laissé une impression puissante à la première lecture, et l’ambiance n’est pas aussi sombre que le laisse supposer le résumé.

Une pièce de théâtre : Je n’en lis quasiment pas, mais j’aime beaucoup Rhinocéros d’Eugène Ionesco. C’est une pièce qui peut facilement être transposée à notre époque.

Un poème : Je n’en lis pas, donc je ne vais pas me définir là-dessus.

Un auteur : Stephen King. J’aimerais arriver à terroriser des générations de lecteurs comme lui (oui je suis cruelle hin hin).

Un personnage de roman : Lisbeth Salander, de la saga Millénium.

Un genre littéraire : L’horreur fantastique. Oui je triche, ce sont deux genres qu’on peut dissocier, mais je ne peux pas me résoudre à en préférer un !

Un mot : Cauchemar. Un mot très fort, glaçant, qui hante les esprits et tétanise.

Une citation : « La littérature est la preuve que la vie ne suffit pas » – Fernando Pessoa


Cette interview vous a plu ?

Vous souhaitez en savoir davantage sur l’auteur et ses écrits ?

Twitter : https://twitter.com/Madouce_

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