Entretien avec Julien Drégor, auteur

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Aujourd’hui, en ce beau jour de juillet, nous retrouvons Julien Drégor, un auteur très sympathique qui a bien voulu m’accorder un peu de son temps. Je l’en remercie beaucoup et vous laisse le découvrir plus avant…

Julien, pour commencer, quelques mots sur votre parcours ?

Je suis né en Belgique, dans la région de Liège. Je suis allé à l’école à Flémalle (Pour ceux qui connaissent). En 2000, j’ai décidé de partir vers l’Allemagne. J’ai commencé des études de français et d’espagnol à l’université de Mayence. Aujourd’hui, j’enseigne le français comme langue étrangère dans une école internationale et je suis écrivain à mes heures perdues. Enfin, plutôt à mes heures trouvées.

Présentez-nous votre roman…

Mon premier roman, « Une filiation indésirable » se passe dans la région de Liège. Il s’agit d’un roman policier sur fond de politique belge.

Henning Müller est journaliste à Francfort. Suite au développement des journaux en ligne, la presse écrite doit se remettre en question et le protagoniste perd son emploi. Ceci a des conséquences sur sa vie privée, puisque son épouse le quitte peu après. Il est donc au fond du trou au début du livre. Comme si cela ne suffisait pas, il apprend que son ami de jeunesse est mort assassiné. Il se rend à Flémalle pour l’enterrement, où il fait la connaissance de Marie. Ensemble, ils vont mener leur propre enquête pour découvrir les raisons de la mort de leur ami. Une enquête qui conduira le protagoniste allemand à la découverte de la Belgique.

Depuis quand écrivez-vous ? Y a-t-il eu un déclic particulier ?

J’ai commencé à écrire des chansons il y a une quinzaine d’année. J’aime la musique des mots. J’aime associer des mots les uns avec les autres pour obtenir une combinaison harmonieuse. J’ai longtemps eu envie d’écrire un roman, mais il s’agissait d’un travail de longue haleine et je n’étais pas sûr d’en être capable. Et puis, je n’avais pas vraiment d’idée.

Puis, un jour, je me suis posé la question : Qu’est-ce qui m’intéresse ? Si je dois écrire un livre, autant que ce soit un thème que j’aime. Dans quel domaine est-ce que je suis calé ? Je m’intéresse énormément à la politique belge. Le déclic pour écrire « Une filiation indésirable », ce fut lorsque j’essayais d’expliquer le système politique belge à des amis allemands qui ne comprenaient pas comment un pays peut rester 540 jours sans gouvernement. C’est là qu’est née l’idée de confronter un Allemand à la politique belge.

Que souhaitez-vous transmettre par votre plume ?

Dans « Une filiation indésirable », je voulais transmettre beaucoup de choses. Tout d’abord, je voulais montrer aux belges comment leur pays est perçu au-delà de leurs frontières, à quel point le système politique, le résultat de cinquante années de compromis, est tordu. Sept gouvernements pour diriger un pays de 10 millions d’habitants, ça frôle l’absurdité. La plupart des Belges ne s’en rendent pas compte parce qu’ils vivent ça au quotidien.

Ce roman ne s’adresse pas seulement aux autochtones. Les lecteurs étrangers peuvent découvrir la Belgique en même temps que le protagoniste allemand. Mais ne vous inquiétez pas, ce n’est pas un livre de théorie universitaire. Cela reste, du moins je l’espère, très digeste et divertissant.

De plus, en écrivant ce roman, je voulais rendre hommage à la région qui m’a vu naître. Mais ce n’est pas seulement un roman régional. L’histoire nationale des vingt dernières années joue un rôle important dans l’intrigue. Je parle ici de l’affaire Dutroux qui a rendu la Belgique mondialement célèbre à la fin des années 90, tout comme l’assassinat des dix para-commandos belges au Rwanda en 1994, qui fut le début d’un atroce génocide.

De manière plus globale, je crois que ce qui caractérise ma « plume », c’est l’idée de franchir les frontières. Je suis un européen convaincu. Je suis persuadé que la disparition des frontières en Europe est une excellente chose et qu’il faut aller à la découverte des autres cultures. Dans mon premier roman, il s’agit d’un Allemand qui découvre la Belgique. Le roman que j’écris actuellement se passe à Francfort et à Paris en parallèle, jusqu’à ce que les deux intrigues se mélangent. J’ai d’autres idées en tête, mais j’essaye toujours de faire tomber les frontières, qu’elles soient physiques ou symboliques.

Pourquoi avoir choisi l’autoédition ? Quel bilan en faites-vous à titre personnel ?

À cause du côté régional de l’intrigue, j’ai écarté d’office – peut-être à tort – les maisons d’éditions françaises. J’ai cherché des maisons d’édition belges dont la ligne éditoriale correspondait à mon roman, mais la plupart ne proposaient que de l’édition à compte d’auteur. Je ne voulais pas dépenser des milliers d’euros sans savoir si j’allais les récupérer. Je me suis alors tourné vers LE LIVRE EN PAPIER, une imprimerie belge qui propose des services d’auto-édition et j’en suis très satisfait. Parallèlement, je propose mon livre de manière digitale sur Amazon, Fnac et Kobo. Je me rends compte que la promotion du livre représente plus de travail que si j’étais resté dans les circuits de l’édition traditionnelle, mais je suis très heureux d’avoir intégré une communauté littéraire sur les réseaux sociaux que je n’aurais jamais remarqué si je n’avais pas été auto-édité.

Avez-vous des rituels particuliers lorsque vous écrivez ? Ou un moment privilégié dans la journée pour écrire ?

J’écris beaucoup dans le train. J’ai un trajet assez long entre mon domicile et mon lieu de travail, alors j’écris sur ma tablette, de la musique classique dans les oreilles. Sinon, dès que j’ai un moment de libre, mais rien de très régulier.

Votre plus beau souvenir en tant qu’auteur ?

C’est une question difficile. La première fois que j’ai eu le livre imprimé entre les mains. Ou quand la librairie où j’avais déposé quelques livres en dépôt en a recommandé une dizaine le jour même parce qu’ils avaient déjà tout vendu.

D’autres passions hormis l’écriture ?

La guitare et le théâtre.

Avez-vous des projets en cours ?

Comme je l’ai dit, je travaille à un projet de thriller franco-allemand sur fond d’attentats terroristes. J’ai déjà un plan relativement précis et une dizaine de chapitres. Je n’en dis pas trop, car tant que ce n’est pas terminé, tout peut toujours changer.

Bonne écriture et encore merci pour cette ITW !


Portrait littéraire

Si vous étiez…

Un roman classique : Le voyage au bout de la nuit, Céline

Un roman contemporain : Le petit prince, Saint-Exupéry

Une pièce de théâtre : Cyrano de Bergerac

Un poème : le texte de la chanson « les mots », de Renaud.

Un auteur : Julien Dregor.

Un personnage de roman : Don Quichotte.

Un genre littéraire : je serais une histoire à suspense, pleine de surprises et de rebondissements.

Un mot : unique.

Une citation : « Je suis anarchiste au point de toujours traverser dans les clous afin de ne pas avoir de problèmes avec la maréchaussée. » (Georges Brassens)

 


Cette interview vous a plu ?

Vous souhaitez en savoir plus sur l’auteur et sa plume ?

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facebook : @Filiationindesirable
twitter : @JulienDregor

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