Dans le noir, Lara Elric

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Genre : anticipation

Editions : autoédition

Paru en : 2016

Nombre de pages : 459

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Mon avis

 

Résumé : Olivia, jeune femme moderne et tout à fait normale, se trouve un soir confrontée à une panne d’électricité. Ce qui n’était qu’une gêne mineure dans une soirée morose va rapidement s’avérer être un problème bien plus grave qu’elle ne le pensait. La panne dure et elle va devoir s’acclimater à de nouvelles conditions de vie plus rudes. Dans un univers où tout ce qui lui est familier est devenu inutile, il lui faudra affronter un monde qui a changé et dans lequel l’autre est devenu une menace. Avec l’aide d’un petit groupe réuni au gré du hasard, elle va tenter de s’en sortir en espérant un retour à la normale. Son caractère et son courage suffiront-ils pour faire face à des dangers auxquels elle n’est pas préparée ? Suivez Olivia et ses amis dans un périple palpitant qui vous fera reconsidérer votre quotidien.

 

Tout d’abord, un grand merci à Lara Elric pour m’avoir permis de découvrir sa belle plume.

Avant tout, aparté : je n’aime pas, mais alors vraiment pas ce genre qu’est l’anticipation. Pas parce que c’est mauvais, mais parce que ça m’angoisse. Je ne peux pas m’empêcher de transposer sur moi et ça me rend parano. Bref…

Ceci étant humblement avoué, Dans le noir est un bon roman d’anticipation. Non seulement l’action y est présente, bien portée par un style fluide et rythmé, mais aussi les personnages sont intéressants, attachants et le lecteur s’accroche peu à peu à leur existence comme à une bouée.

Le postulat de départ : il n’y a plus d’électricité et le monde doit apprendre à vivre sans. A travers cette hypothèse, Lara Elric développe des réflexions intéressantes et lucides sur le sujet : l’abandon des dirigeants et de l’ordre établi, la colère des personnes livrées à elles-mêmes, la peur qu’a chacun de ne plus être encadré, le besoin de l’être humain d’être dirigé dans ses actes, ses pensées, sa vie. Après quelques instants de flottement, cette totale liberté laisse la porte ouverte à la criminalité, aux actes les plus insensés. Il n’y a plus de limites et chacun se hâte d’en profiter. Le lecteur comprend à quel point les valeurs morales sont superficielles quand il est question de survie.

Dans ce chaos, des personnes se rassemblent, des communautés se créent et tentent de survivre, comme celle d’Olivia qu’on suit de sa naissance à son épanouissement. Ce sont alors des communautés fragiles qu’un seul élément nocif peut déstabiliser.

Au-delà des premiers temps anarchiques, la société se réorganise en micro-sociétés. Les grandes villes sont invivables, seuls survivent les villages et les survivants tentent de fuir vers la campagne. On en revient aux fondements préhistoriques de la civilisation, car l’humain est un animal social qui ne peut vivre sans autrui.

Pour ma part, c’est un roman qui m’a poussée à de nombreuses réflexions. L’auteur va jusqu’au bout de son hypothèse, abordant toutes les problématiques de cette panne d’électricité et elle voit juste. Je ne peux m’empêcher de considérer tout cela avec des yeux ébahis. Les humains ont vécu des millénaires sans électricité et sans pour autant que ce soit le chaos. Qu’est-ce qui ne va pas dans notre société actuelle ? Il est tout de même fou que nous ne sachions pas nous débrouiller sans ce confort qui ne va pourtant pas de soi. Lara Elric a raison : dans cet univers post-apocalyptique, les citadins sont désavantagés par rapport aux populations rurales.

Au fur et à mesure de mes réflexions, j’en suis venue à transposer sur mon propre cas. J’en ai conclu que je vivais à la campagne. Que, ayant deux gros chiens, des arcs et des sabres, bien malheureux serait celui qui tenterait de m’agresser. Que j’avais des provisions et un jardin cultivable. Que j’avais un ruisseau en contrebas. Une cuisinière à gaz. Des poêles à bois. Que j’étais habituée aux pannes d’électricité de plusieurs jours (eh oui, à la campagne, ça peut arriver). Que j’avais des livres, plein de livres. Et des jeux de société. Que je pourrais donc m’en sortir. Que… Bref, voilà pourquoi je n’aime pas les romans d’anticipation. Ca me met une espèce d’angoisse sur les épaules, comme si l’électricité allait effectivement disparaître.

Preuve, s’il en fallait encore une, que Lara Elric a réussi son pari et, l’air de rien, emmène son lecteur exactement là où elle le souhaite.

Bravo pour ce roman sociologique, parfaitement dosé entre psychologie, action et description d’un large éventail de personnages et de vies.

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