Interview de Florence Clerfeuille, auteur

Je connaissais Florence Clerfeuille de nom pour ses activités de biographe et de correctrice, et j’ai eu le plaisir de découvrir sa plume à travers la lecture du Chat du jeu de quilles, trilogie policière passionnante (voir ma chronique).

Il était temps de connaître la personne qui se cachait sous cette belle plume ! Je remercie encore une fois Florence de s’être prêtée au jeu de mes questions et d’avoir pris le temps d’y répondre avec sincérité.

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Florence, pour commencer, quelques mots sur votre parcours ?

J’ai appris à lire très jeune et comme j’étais une enfant plutôt solitaire, j’ai beaucoup lu. Pourtant, je n’ai pas fait d’études littéraires : comme tous les bons élèves, j’ai été orientée vers un bac scientifique, suite auquel j’ai choisi l’informatique. Pour son côté créatif ! J’ai donc commencé ma vie professionnelle comme analyste-programmeur. Ensuite, une première reconversion professionnelle m’a amenée à travailler dans l’humanitaire : j’ai été administratrice pour diverses ONG dans différents pays. Enfin, je me suis installée comme écrivain public. Aujourd’hui, je suis principalement biographe et correctrice.

Depuis combien de temps écrivez-vous ? Quels auteurs vous ont inspirée ?

L’écriture a toujours été mon moyen d’expression, mais le premier texte que j’ai mené jusqu’à publication m’a été inspiré par mon expérience de l’humanitaire et a été publié en 2002, donc il y a quinze ans. Depuis, je n’ai jamais arrêté.

Je ne pense pas avoir été inspirée par des auteurs, même si je lis beaucoup. J’écris ce que j’ai en moi, de la façon dont je le sens. Certains lecteurs trouvent des similitudes entre ma production et celle d’autres auteurs, mais j’essaie d’avoir ma personnalité propre.

Vous avez écrit de nombreux romans, dans des genres différents. Pourquoi ces changements réguliers ?

Mes premiers textes étaient largement autobiographiques (voire totalement autobiographiques). Ensuite, j’ai publié deux recueils de nouvelles. Ce n’est qu’après que je me suis vraiment mise à la fiction. D’abord avec Le chat du jeu de quilles, qui est une trilogie policière. Ensuite avec une saga familiale sur trois générations (et trois tomes aussi). Ces changements de genre ne correspondent pas à une volonté de tout tester ; j’écris juste ce dont j’ai envie à un moment donné. Bon, il faut tout de même dire que je n’ai pas non plus envie d’être enfermée dans une case 🙂

Dans la trilogie du Chat du jeu de quilles, le chat occupe une place importante. Comment vous est venue cette idée ?

Comme des millions de gens, j’aime les chats. J’ai grandi dans une maison qui en était pleine. Pourtant, je n’en ai eu un que lorsque ma fille a eu dix ans (à sa demande). Un beau jour, ce chat a disparu. Nous l’avons cherché partout, avons espéré quelque temps, avons cru qu’il s’était fait écraser, puis nous sommes faits à l’idée que nous ne le reverrions jamais. Deux ans plus tard, j’étais en train de travailler sur ce qui allait devenir Le chat du jeu de quilles quand nous avons retrouvé notre chat errant dans le village. Le jour de l’anniversaire de ma fille ! C’était incroyable. Nous nous sommes posé beaucoup de questions, essayant d’imaginer ce qui avait pu se passer pendant ces deux années, où il les avait passées, avec qui… Tout cela a nourri mon imaginaire. Dès lors, la présence d’un chat s’est imposée dans mon texte. Un chat forcément plein de mystère.

Vous êtes une auteur hybride. Que vous a apporté l’autoédition ? Et l’édition traditionnelle ?

L’autoédition, notamment numérique, m’a permis de trouver des lecteurs. Par milliers. Elle m’a donc permis de me sentir légitime dans ce rôle d’auteur. De gagner en confiance et en assurance. Elle m’a permis aussi d’approcher un rêve : celui de vivre de mon écriture. Enfin, c’est l’autoédition qui m’a conduite à l’édition traditionnelle puisque c’est le succès du Chat du jeu de quilles en numérique qui a conduit un éditeur traditionnel à me proposer sa publication en librairie. Celle-ci est effective depuis le mois de janvier, alors il est encore trop tôt pour avoir des retours, mais d’ores et déjà cette présence en librairie m’a permis de toucher de nouveaux lecteurs. Elle a aussi changé le regard des gens sur moi.

Vous êtes également biographe. Parlez-nous de ce métier ?

C’est un métier passionnant, comme vous le savez ! Que j’exerce depuis huit ans et auquel j’ai consacré un livre, intitulé Devenir biographe, qui s’adresse à toutes les personnes intéressées par l’expérience. Il allie tout ce que j’aime : l’écriture, bien sûr, mais aussi la rencontre, l’écoute, souvent la transmission intergénérationnelle. Les gens me racontent leur histoire ; je la mets en mots et la fais imprimer. Cela dit, je vous résume la chose en une phrase, mais c’est un processus qui s’étale sur plusieurs mois, donne lieu à de multiples rencontres et est souvent riche en émotions. Raconter sa vie, c’est la revivre un peu. Les bons comme les mauvais moments. Il y a parfois des larmes au cours des entretiens. C’est pour cela qu’il ne faut pas brusquer les choses : un tel travail peut être violent pour celui qui se raconte. Au fil des rendez-vous, des liens se créent entre la personne qui se raconte et moi. Une forme d’intimité se crée. On finit souvent par me tutoyer et me considérer comme une espèce de fille adoptive. Il est toujours un peu difficile de se quitter…

Avez-vous des rituels particuliers lorsque vous écrivez ? Ou un moment privilégié dans la journée pour écrire ?

Non, je n’ai pas de rituels particuliers. En tout cas, rien de vraiment figé. Cela dit, j’écris surtout le soir, entre 21 h et minuit. Souvent en sirotant une bière (mon mari est brasseur, cela aide !) et en écoutant de la musique pour m’extraire de la vie de la maison. Du blues, du rock, de la pop ou de la musique du monde. Le genre importe peu ; il suffit que les paroles ne soient pas en français !

Des conseils à donner à un auteur débutant ?

Ne jamais s’arrêter d’écrire. Ne jamais désespérer. Confronter ses textes à des lecteurs. C’est toujours difficile au début, mais c’est la seule façon de progresser et de prendre confiance en soi. Même si parfois, cela fait mal ! Les lecteurs sont souvent bienveillants, mais certains sont blessants. Il faut se préparer à recevoir des retours incendiaires et lorsque cela arrive, prendre le recul nécessaire. Dans tous les cas, revenir au début de ma réponse !

Avez-vous des projets en cours ?

Bien sûr ! Le troisième tome de ma saga familiale, commencée avec Le Frisson de la liberté, va sortir bientôt : fin mai ou début juin. Ensuite, je ne sais pas encore à quel projet je vais me consacrer, mais j’ai deux romans Young Adult en tête (et aussi un peu dans les dossiers de mon disque dur ^^) ainsi qu’un thriller politique. Mais je vais peut-être partir sur tout autre chose !


Portrait littéraire

Si vous étiez…

 

Un roman classique : Le Petit Prince, de Saint-Exupéry, même si je ne suis pas sûre qu’il corresponde à la définition d’un roman classique.

Un roman contemporain : Globalia, de Jean-Christophe Rufin. Un livre que j’aurais aimé écrire.

Une pièce de théâtre : aucune ; c’est un art auquel je suis hermétique.

Un poème : L’Albatros, de Charles Baudelaire. Adolescente, je l’avais affiché au mur de ma chambre.

Un auteur : celui que j’essaie de devenir.

Un personnage de roman : le petit prince.

Un genre littéraire : étant donné ma petite taille, la nouvelle ^^

Un mot : imagine !

Une citation : Quand tu penses que tu ne peux plus avancer, arrête de penser.


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2 commentaires

  1. Merci Loli pour cet article.
    J’ai lu la trilogie que j’ai appréciée et je suis ravie de découvrir son auteur. Je trouve vos articles vraiment sympathiques et instructifs.
    Merci à vous et à Florence CLERFEUIL.

    Aimé par 1 personne

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