Le chat du jeu de quilles, Florence Clerfeuille

51ebwwzqmdl

 

Genre : policier

Editions : Terra Nova

Paru en : 2017 (pour la présente édition)

Nombre de pages : 253 pages (tome 1)

En savoir plus : Amazon (tome 1) Amazon (trilogie intégrale)

 

 

 


 

Mon avis

 

Résumé : La cinquantaine passée, Marc vient de quitter son job de journaliste. Il est un peu désœuvré dans son appartement parisien quand son ancienne collègue, la jeune Manon, vient le solliciter pour tenter d’élucider un meurtre vieux de dix ans qui s’est produit dans un petit village de l’Aveyron.
Marc quitte alors Paris sans regret pour découvrir un autre univers qui tourne essentiellement autour d’un sport inconnu pour lui : les quilles de huit. Il apprend à connaître les figures locales : Gaston le cafetier bavard, Célestin le gentil benêt, Monsieur Thomas le vieil homme silencieux, Attila le coiffeur originaire de Hongrie…
Mais qui a tué, il y a dix ans, le père Pommier ? Sa femme, la jeune et belle Clotilde, s’est-elle vraiment suicidée ? Et pourquoi son chat réapparaît-il tout à coup ?
Entre chronique villageoise, polar et cold case, l’enquête de Marc et Manon va bousculer bien des certitudes !

Le chat du jeu de quilles est incontestablement un très bon policier, que je recommanderai à tous les amateurs du genre (et même aux non-amateurs). La base de départ est classique : deux journalistes, l’une dynamique, l’autre croisé d’ours, qui décident de mener l’enquête sur une affaire non résolue. Disons que c’est une base plutôt conventionnelle, mais qui a fait ses preuves. Les personnages n’en sont pas moins attachants et l’histoire palpitante.

Le début du roman est à mon sens un peu expéditif, comme si l’auteur avait voulu se débarrasser de cette partie le plus vite possible (c’est du moins le ressenti que j’en ai eu). Le lecteur est très vite propulsé en Aveyron et, une fois le cadre et l’intrigue posés, le rythme ralentit pour laisser place à une écriture fluide, savoureuse, qui laisse le temps au lecteur de s’immerger dans l’atmosphère du village, tant et si bien qu’on a l’impression par moments que le journaliste, Marc, est installé au village depuis longtemps, des années, avant que l’auteur vienne préciser que cela ne fait que quelques semaines.

Le rythme est parfait : tranquille (sans être lent) au village, plus rapide sur les quelques passages en ville. Jusqu’à ce que le personnage principal ne soit plus du tout dans le tempo urbain. Un passage que j’ai beaucoup aimé, quand Marc discute avec un sans-abri à Paris sur la nécessité du mouvement en ville et la peur de disparaître si on s’arrête. Très juste, très bien vu.

L’intrigue en elle-même est parfaitement construite, bien ficelée, le lecteur est progressivement happé par le livre et la frustration à la fin du premier tome est à son comble. On veut connaître la suite !

Quant aux Aveyronnais, il est évident que l’auteur connaît bien l’atmosphère d’un village. La sensation d’être toujours épié par des regards invisibles, cachés derrière le rideau d’une fenêtre, le fait que tout se sait très vite, se déforme, s’amplifie, l’attachement viscéral des habitants à leurs terres, les histoires de famille et les haines ancestrales. Pour avoir quasiment toujours vécu à la campagne, c’est exactement cela. L’ambiance est bien reproduite, encore que les villages à ce point « à l’ancienne » se font de plus en plus rares aujourd’hui (urbanisation oblige).

Les personnages apparaissent en demi-teinte, jamais complètement exploités, juste ce qu’il faut pour mettre le doute au lecteur. Sous une surface socialement stéréotypée (le gérant du bar, le simplet, l’agriculteur bourru mais brave homme, le petit voyou), chacun a, semble-t-il, des secrets enfouis, des histoires tues, des silences. En somme des singularités qui les rendent plus complexes que ce que leur positionnement au sein du village laissait supposer.

Le chat est au coeur de ce jeu de quille mystérieux (au passage, belle découverte que la quille de huit que je ne connaissais pas. En revanche, par ici, on connait la quille de neuf), cristallisant les tensions sous-jacentes, les craintes et les secrets de tout un village, les superstitions aussi. Le chat qui semble être le témoin de tout, qui sait tout, et se révèle tout à la fois un allié précieux et un témoin frustrant. Il est certain que le chat est un élément capital dans la résolution de l’énigme, tout comme le vent d’autun, le vent qui rend fou (magnifiquement décrit d’ailleurs).

Bref, c’est bon, c’est prenant, addictif, comme tout bon policier se doit de l’être. Notons également une mise en page irréprochable qui apporte une fluidité au récit (navrée d’être à ce point sensible à la forme, vieux réflexe d’écrivain public). Sans parler de la couverture, très belle, et du titre, formidable.

Ne comptez pas sur moi pour vous en dire plus ! Il faudra lire le chat du jeu de quilles.

D’ailleurs, je vous laisse, le tome 2 m’appelle !

 

8 commentaires sur “Le chat du jeu de quilles, Florence Clerfeuille

Ajouter un commentaire

  1. Bonjour Loli,
    J’ai eu l’occasion de lire la trilogie complète et j’avoue avoir passé un agréable moment, alors que je ne suis pas une fan des séries…… mais dans ce cette série, j’avais hâte à chacun de mes trajets quotidiens (RER) de me plonger dans la suite de l’intrigue. J’ai passé un très bon moment avec « Le Chat du jeu de quilles » et je le recommande sans hésiter. L’écrit est simple et moderne. Un super moment passé. Bravo Loli pour l’envie que vous allez donner aux autres.

    Aimé par 1 personne

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

Propulsé par WordPress.com.

Retour en haut ↑

%d blogueurs aiment cette page :